Memoires d'un esclave
[L'inachevé (RU)] [Meraïlih]

Les mémoires d’un esclave

fragment

Chaque automne les habitants du bourg, en large groups, avec familles, prenaient un camion et allaient à taïga pour récolter des chèvrefeuilles, des airelles rouges ou autres baies, dont des vastes terrains y étaient recouverts. C'était une aventure habituelle, bien d'après l'horaire, mais cela ne la faisait d'aucune façon moins aléatoire, on ne savait jamais quelle sorte d'incident se réserverait pour le courant. On se levait vers 5 heures du matin, pas encore complètement prêt au long cahotement dans le lourd camion. Il faisait beau, autrement le camion serait voué à s'embourber quelque part au milieu de la voie. Après une douzaine kilomètres on se détourne de la route battue et, à partir de ce moment, c'est seulement sur l'expérience du chauffeur et son sens de terroir, sur qu'il reste à compter. On passe des chablis, des marais, des ruisseaux larges et violents, mais peu profondes, pleins de bancs écumants. Finalement, la voilà, la place secrète pour camper et prendre du butin. Tout le monde se précipitaient du camion, avec beaucoup de bruit, bien aises d'avoir parachevé le voyage lassant. Quelques minute pour du thé dans des pots en fer-blanc, et on s'est mis au travail loin des plaisirs pastoraux. Tous portaient les bottes en caoutchouc et des vêtements fermés, assez épais pour protéger le corps contre des milliards de moustiques furieux. Les seuls parts ouverts, les mains et le visage était enduits d'insectifuges. Chacun avait reçu son secteur de récolte. Les adultes cueillaient les baies dans des grands seaux ; les enfants étaient munis avec des bocaux en verre, ou des bidons émaillés, de la capacité de 3 litres, qui devaient être vidés régulièrement dans les seaux installés près du camp. Des grosses perches en bois complétaient l'équipement ; la mesure de précaution obligatoire où des îlots de marais se trouvaient en abondance. On ne bavardait pas ; parfois, quelqu'un appelait les autres pour résoudre un problème transitoire, et le silence concentré s'installait de nouveau.

Malgré tout, j'aimais ces moments de solitude heureuse. Les vieux mélèzes me saluaient avec leurs pattes du vert moelleux, le mousse gris faisait ressort avec douceur quasi palpable, des écureuils volants planaient en haut des arbres, des tamias sibériens se montaient sur des souches et observaient les événements avec un air sérieux, comme des petits contrôleurs duveteux. La menace faible de tomber sur un ours ou un loup solitaire chatouillait les sens sans exciter de la peur. Je connais mon travaille, je savais le faire, et rien au monde n'importait plus, me laissant à moi même, à mes perceptions et mes pensées. J'étais libre en plein milieu de cette activité formelle qui occupait ma chair ne touchant jamais mon esprit.

C'était beaucoup plus tard que j'ai appris de Dahau avec son " Arbeit macht frei " dans le sens lugubre de " Lasciate ogni speranza ". Des idées les plus simples, qui s'ouvrent à la perception syncrétique, sont le plus exposées à falsification. Ceux qui faillent surmonter la spontanéité de la pensé de l'enfant, ceux qui refusent, ou bien ont peur de grandir, deviennent la proie achevée de manipulateurs. Mais à ce temps là, je jouissais du calme et de la paix sans beaucoup me soucier des conséquences éloignés.

On travaillait sans repos jusqu'au moment quand tous les réservoirs étaient pleins, enveloppés par des vieux chiffons et soigneusement bandés par des ficelles pour ne pas répandre le récolte en le chemin cahoteux. Les jours étaient courts, il ferrait noir sous peu, donc il fallait charger le camion et prendre la route. Pas de repas ; on s'était déjà bien rassasié par les baies fraises. Un peu du thé réchauffé, et l'équipe, paqueté dans la carrosserie étroite, allait endurer les incommodités de retour. Le camion étant devenu plus gros avec tous ces seaux pleins, le risque d'être captivé par le marais augmentait ; dans ce cas on devait seulement attendre, quand les gens au bourg commenceraient à s'inquiéter et quand le détachement de sauvetage arriverait avec un bulldozer pour traîner le camion au sol solide. D'ailleurs, même si rien n'arriverait, on achevait le bourg bien dans la nuit et une grande dose de sommeil était essentielle avant qu'on pourrait se mettre aux travaux de conservation des baies, en triant de plus ses impressions pour les échanger avec les autres participants de l'événement pendant le long hiver du nord.


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