Labilite comme une maladie sociale
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Labilité comme une maladie sociale

On est fou.

Ils changent tous, à tout instant.

Ils font les gens abandonner leur vieilles modes de vivre et chasser une nouveauté illusoire.

Est-ce qu'on a un vrai besoin de tout ça?

" Nouveau " n'est pas toujours " meilleur ". Pourquoi avons-nous à perdre tant de bonnes choses seulement pourquoi quelqu'un autre veut nous faire changer ? J'ai été accoutumé aux certaines sortes de pain, ou de lait, il y a beaucoup d'années ; et j'ai été bien content. Maintenant, les entreprises décident qu'il leur faut d'être plus agressifs au marché, et ils commencent à renouveler leurs produits chaque année, et alors, je ne sais plus ce qu'il me faut mieux acheter, qui viendrait plus favorable à ma santé. Très souvent, le change est entièrement dans le nom, le matériel ou des couleurs de l'enveloppe, et ça va probablement être plus technologique, donc plus cher. Mais, premièrement, ça va produire beaucoup de confusion, dès que je ne peux pas toujours reconnaitre le même produit sous une nouvelle guise. J'ai à perdre beaucoup de temps en essayant d'identifier des bonnes choses que j'aime parmi des montagnes de frusques dont je n'ai aucun besoin.

Parfois, le change peut être littéralement fatal. Par exemple, si l'on ne peut plus trouver un médicament très spécifique qui a toujours supporté son organisme malgré tous les dysfonctions chroniques, on est condamné aux maladies et à la mort. L'effet de certaines classes de préparations (par exemple, neuroleptiques) est très individuel, et il faudrait beaucoup de temps pour un bon docteur de trouver la combinaison correcte. Si quelque idiote business va introduire une modification minimale, la balance délicate va être rompue. Si une pharmacie décide subitement à renouveler son catalogue et vendre seulement des produits les plus récents, ceux qui dépendent des vieilles formes ont à mourir.

En des cas nombreux, les nouvelles versions des mêmes choses sont pires par leur qualité et moins convenable à utiliser. Les chaussures, les vêtements, les détergents chimiques, le té et le café, des produits panifiés, les fromages, parfums ou protège-slips vont le plus probablement être détériorés par aucun change. Des nouvelles versions des films classiques sont presque toujours terribles. Une répétition d'une vieille anecdote n'est pas du tout amusante.

En beaucoup d'autres cas, les nouvelles choses sont vraiment meilleures, dans la même gamme de fonctions. Par exemple, un nouvel ordinateur va probablement opérer mieux qu'une vieille modèle sous presque tout rapport, pourvu qu'on a des logiciels analogues compatible avec les vieilles structures de données. Au contraire, une nouvelle voiture n'est pas nécessairement mieux, tant que la vieille est encore assez bon comme un moyen de transportation; d'une façon similaire, un vieux poste de TV peut servir pour longtemps, jusqu'à l'on désire quelque fonctionnalité extraordinaire. Une nouvelle version d'un logiciel peut être un désastre, si l'on ne veut point doubler les ressources nécessaires.

L'introduction de nouveaux produits est bien justifiée quand ils font quelque chose qu'aucun vieux produit ne peut faire, pourvu que toutes les vieilles fonctions soient préservées. Le développement des processeurs Intel est un exemple de la compatibilité programmatique raisonnable : presque tout séquence de commandes d'un vieux modèle peut être reproduit avec tous les modèles plus jeunes, tandis que des nouveaux logiciels sont libre à utiliser des traits avancés pour achever une meilleure productivité (malheureusement, cela n'est pas vrai pour les systèmes d'exploitation). Le disque compact réinscriptible est bien un avancement comparé au disque inscriptible standard, si toutefois les gens sont encore libres à acheter des disques standards moins chers pour des tâches qui n'exigent pas de réinscription multiple.

Il y a des nouveaux produits qui ne sont pas du tout comparables à aucune chose précédemment existante. Par exemple, un lecteur de DVD n'a rien en commun avec un VCR, et aucun synthétiseur ne peut remplacer une guitare acoustique ou un piano réel. Malheureusement, la compétition de marché résulte en la suppression artificielle des vieux produits en imposant les nouveaux. Le consommateur n'a pas de choix. Il faut moderniser juste pour aller. Une bonne vieille chose va à la poubelle seulement pourquoi les services et accessoires disponibles suivent toujours les technologies les plus récentes.

En science, les nouveaux découverts n'annulent pas des lois jadis établis dans les limites de leur applicabilité. L'assimilation de la dynamique relativiste ou quantique ne veut pas dire que la motion des corps macroscopiques autour de nous n'obéisse plus les lois de la mécanique classique. Il y a des théories bien obsolètes, mais ils ne sont pas moins applicables, et on peut encore les utiliser en ajoutant quelque retouche, si une théorie moderne semble peu convenable, même si plus exacte.

Les arts, c'est le règne de l'unique. On ne peut jamais remplacer un œuvre d'art avec un autre, et des nouvelle modes d'expression ne peuvent qu'étendre le domaine artistique, en donnant naissance aux objets d'art indépendants mais nos pas aux versions du même. Comme en science, il y a des créations obsolètes qui n'agitent plus le public moderne ; cela ne diminue point leur valeur artistique dans leur propre contexte culturel.

De la même façon, un appareil photo digital n'est pas un remplacement de la photographie " humide " traditionnelle, et des nouvelles montres ne peuvent pas exceller un chronomètre ancien. Tout ça est accumulé dans la culture, en complémentant l'un par l'autre. Le Blanc Moelleux par Paul Chenet est entièrement différent de la même appellation par Henri Maison; le Nescafé suisse ou français n'a rien un commun avec celui fabriqué à Brésil, à l'Inde ou en Russie. Des produits comme ça ne peuvent être substitue par aucun analogue.

C'est l'opprobre de la société moderne, qu'elle a devenu si profondément infectée avec l'anticulture du change pour le change. En fait, toute cette poursuite du change ne serve qu'à masquer la nécessité d'un change vraiment essentiel, le remplacement de l'organisation sociale et économique ancienne avec une nouvelle mode de vivre qui mériterait bien plus le nom de la société humaine.


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